La Drees vient de publier une étude sur la variation du niveau de vie après le départ à la retraite. De son côté, le COR étudiait hier en séance plénière «les effets macroéconomiques des réformes», estimant que seul le report de l’âge légal aurait un impact expansionniste.
Si 12,4 % des nouveaux retraités se trouvaient en situation de pauvreté au cours de l’année précédant leur départ, en 2020, cette proportion tombe à 8,3 % lors de la première année pleinement passée à la retraite (-4,1 points de pourcentage). Ce recul de la pauvreté s’observe quel que soit le statut d’activité antérieur ou les conditions de départ. Toutefois, «les disparités entre les différentes catégories de la population persistent : celles plus souvent pauvres juste avant la retraite le sont toujours juste après», observe la Drees.
La moitié des nouveaux retraités ne changent pas de catégorie de niveau de vie tandis que 41 % évoluent dans une catégorie adjacente. Un peu plus d’un tiers (35 %) des personnes en emploi juste avant la retraite voient leur niveau de vie augmenter. De même pour la majorité de celles sorties précocement de l’emploi. L’augmentation médiane du niveau de vie s’élève ainsi à 9 % pour les personnes qui étaient au chômage avant la retraite et de 4 % pour celles en invalidité.
La publication de cette étude intervient alors que le Conseil d’orientation des retraites (COR) planchait hier, en plénière sur «les effets macroéconomiques des réformes». L’instance indépendante s’appuie notamment sur les analyses de la direction du Trésor, l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) et l’Institut des politiques macroéconomiques et internationales (I-MIP). Plusieurs leviers sont étudiés : limiter la progression des pensions, augmenter les cotisations des employeurs ou des salariés, et enfin reculer de l’âge de départ. Seule cette dernière mesure pourrait engendrer «un effet expansionniste» les autres étant à l’inverse «de nature récessive» observe le COR qui réitère ainsi le constat formulé dans son dernier rapport annuel. Le recul d’un an de l’âge de départ générerait entre 210 000 et 240 000 emplois supplémentaires et entraînerait une augmentation du PIB entre 0,7 et 0,9 point.

