dans POLITIQUE DE SANTÉ

Deux ans après la première publication des Cartes de France de l’accès aux soins, Doctolib et la Fondation Jean Jaurès ont publié une nouvelle édition appuyée sur plus de 230 millions de consultations réalisées l’année dernière. L’enquête intègre également les éclairages de soignants et les témoignages de près de 8 000 patients.

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Sans surprise, les délais d’accès varient très fortement selon les professions. L’étude confirme ainsi un écart important entre premier recours et soins de spécialité. Ils restent ainsi contenus sous les 15 jours pour les médecins généralistes (3 jours), kinés(6 jours), pédiatres (8 jours), chirurgiens-dentistes (10 jours) et sages-femmes (12 jours). En revanche ce seuil est dépassé, parfois largement, pour les spécialités médicales.

La cardiologie (42 jours) et la dermatologie (32 jours) présentent toujours les délais médians les plus élevés. L’ophtalmologie (-4 jours), la dermatologie (-3 jours), la gynécologie (-2 jours) et la chirurgie dentaire (-1 jour) connaissent des améliorations par rapport à 2023. A l’inverse, les délais augmentent d’un jour pour la cardiologie, la psychiatrie, la pédiatrie et les sages-femmes. La médecine générale et la kinésithérapie restent stables.

La démographie n’explique pas à elle seule ces durées. Les masseurs-kinésithérapeutes disposent de la plus forte densité libérale (128 pour 100 000 habitants, soit +32 points depuis 2015), mais leur délai médian reste stable à 6 jours. Pour les chirurgiens-dentistes, dont les effectifs progressent de 15 % en quinze ans, l’attente reste de 10 jours avec 59 % des rendez-vous au-delà de 7 jours. En revanche, l’ophtalmologie «fait figure d’exception», relève l’enquête. A effectifs quasi constants, l’attente médiane a été divisée par deux depuis 2017 (de 43 à 21 jours), principalement sous l’effet du travail aidé (85 % des praticiens) et de la réorganisation de la filière visuelle.

Toutes les professions conservent une capacité de réponse non programmée, allant de 8 % à 39 % des rendez-vous obtenus en moins de 48 heures. Pour les généralistes, 39 % des consultations ont lieu avant ce laps de temps, et 37 % pour les pédiatres, contre seulement 8 % chez les cardiologues.

Ces chiffres masquent des disparités départementales colossales. Par exemple, les écarts vont de 16 à 164 jours entre Paris et le Gers en cardiologie, de 5 à 153 jours entre la Seine-Saint-Denis et le Gers en ophtalmologie, et pour la dermatologie de 7 à 90 jours entre la Savoie et l’Aisne. Le rapport insiste par ailleurs sur des «géographies spécifiques à chaque profession», avec notamment un «arc de tension» de l’Occitanie au sud du Massif central en cardiologie, une fracture Ouest-Centre en ophtalmologie, ou encore des tensions dans le Nord et le Centre-Est en dermatologie. Pour la plupart des spécialités, les délais les plus courts se retrouvent en Île-de-France.


Photo : Freepik
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