dans ECONOMIE

En 2024, quelque 9,8 millions de personnes se trouvaient en situation de pauvreté monétaire, selon les données publiées en fin de semaine dernière par l’Insee. Si globalement les niveaux de vie des plus modestes se redressent, les inégalités atteignent un niveau «historiquement élevé».

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Le taux de pauvreté monétaire, c’est‑à‑dire la part de personnes pauvres dans la population, s’établit en 2024 à 15,4 % en France métropolitaine, selon l’Insee. Il reste stable par rapport à 2023, à son plus haut niveau depuis 1996. Le seuil de pauvreté monétaire, fixé à 60 % du niveau de vie médian, s’établit à 1 337 € par mois pour une personne seule.

Les niveaux de vie des plus modestes se sont toutefois redressés de 1,7% (contre 1,4% pour les plus aisés) «grâce à une situation sur le marché du travail toujours assez bien orientée et aux revalorisations du salaire minimum, des pensions de retraite et des prestations sociales alors que l’inflation ralentit», explique l’Insee. «Mais ils n’augmentent pas plus vite que les niveaux de vie du milieu de l’échelle, qui profitent également d’une partie de ces effets», ajoute l’institut. La moitié des personnes en situation de pauvreté ont un niveau de vie inférieur à 1 074 € par mois, inférieur de 19,7 % au seuil de pauvreté. Cet écart affiche une hausse par rapport à 2023 (+0,5 point), «la progression des niveaux de vie est en effet moins forte en deçà du premier décile», précise l’Insee.

Après deux années d’augmentation, le taux de pauvreté des chômeurs se stabilise en 2024 à 36,1 %. Leur niveau de vie médian progresse de 2,6 %, mais stagne pour les plus modestes. Le taux de pauvreté des familles monoparentales diminue, quant à lui, de 0,3 point, à 34%. Ce léger repli est porté par la hausse de la durée d’activité des personnes en emploi seulement une partie de l’année. Le niveau de vie médian des retraités, soutenu par les revalorisations des pensions de retraite des régimes de base (+5,3 % au 1er janvier) et de celles de l’Agirc-Arrco (+1,6 % au 1er novembre, après +4,9 % au 1er novembre 2023) augmente de 3,5 % en euros constants (corrigés de la variation des prix), contre 1,8 % pour l’ensemble de la population. Il dépasse ainsi légèrement celui de l’ensemble de la population. Certains retraités parmi les plus modestes ont également bénéficié des hausses du minimum contributif et de l’Allocation de solidarité aux personnes âgées. Au final, le taux de pauvreté des retraités régresse de 0,7 point pour atteindre 10,4 %. Il retrouve un niveau équivalent à celui des actifs, après l’avoir dépassé pendant plusieurs années.

Malgré une progression générale des niveaux de vie, les inégalités atteignent un niveau historiquement élevé «en raison de la hausse des revenus du haut de la distribution».


Photo : Freepik
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