dans LIBRES PROPOS & ÉDITOS

Et si, d’ici quinze ans, un spécialiste installé en secteur 1, pratiquant donc des tarifs conventionnels, était une espèce en voie de disparition ?

Cela fait un peu froid dans le dos, dira-t-on ! Et pourtant, loin des fantasmes ou des caricatures, cette hypothèse ne relève pas de la science-fiction au train où vont les choses selon le HCAAM. Une instance qui d’ailleurs, outre les constats sévères qu’elle pose, laisse transparaître une certaine exaspération face à la vitesse de dégradation de la situation.
Cette décomposition de l’organisation de la médecine spécialisée en ville s’opère sous nos yeux sans sembler provoquer de réaction des acteurs et des pouvoirs publics en général. Une sorte de torpeur collective, ou de passivité c’est selon, semble s’installer dans ce temps pré-électoral. Après tout, rien n’empêche le gouvernement ou nos élus de taper du poing sur la table en légiférant comme nos voisins européens l’ont déjà fait. Perdure l’illusion que les choses sont appelées à rentrer dans l’ordre au prétexte qu’une convention médicale est signée. Ou alors, que l’esprit de responsabilité collective du corps médical prévaudrait enfin. Une antienne qui perdure depuis 1971, date du premier accord CNAM-médecins libéraux. Pour les résultats, on repassera.

Le retour de la PPL Garot est d’ailleurs une autre illustration de ce décalage permanent entre bonne volonté de l’Assurance Maladie, craintes des élus de secouer le cocotier et, attentes (voire exaspérations) des patients. On détricote un texte, car considéré comme liberticide et potentiellement contre-productif, et ce, sans pour autant apporter d’alternatives crédibles à nos concitoyens. Une forme de « circulez, y a rien à voir » dont la seule réponse aura été la création du concept des journées de solidarité. Avec derrière, et les premiers retours, l’annonce d’un flop magistral. Logique, car à trop vouloir ménager la chèvre et le chou, on finit par mettre sur pied des mécanismes d’une complexité sans nom pour combler un vide organisationnel. Une situation intenable et une perte de temps considérable à l’heure où l’on devrait reformer une médecine de ville en vue de la préparer aux défis de demain. Qui plus est car, comme l’a rappelé vigoureusement le Haut Conseil, dorénavant la situation urge.


Illsutration : Vectorstock

Articles récents

Tapez votre recherche et pressez ENTREE pour la valider