dans POLITIQUE DE SANTÉ

Lors d’une rencontre avec la presse la ministre de la Santé, Stéphanie Rist est revenue sur la mission sur l’articulation entre AMO et AMC ainsi que sur certaines mesures du PLFSS actuellement en cours d’examen au Sénat.

«Ramener le déficit de la Sécurité sociale de 23 Mds € à 17 Mds € alors que les dépenses de santé continuent à augmenter du fait de la démographie, nécessite un effort sérieux et partagé. Ce n’est pas un budget facile à porter», a souligné Stéphanie Rist lors d’une rencontre organisée par l’Association des journalistes de l’information sociale (Ajis). Ce déficit structurel devrait appeler des transformations du système, «pour lesquelles nous n’avons ni la majorité ni le moment politique», a-t-elle poursuivi souhaitant impulser des travaux une fois le budget bouclé. La ministre a déjà annoncé le lancement d’une mission sur l’articulation entre l’assurance maladie et les complémentaires santé, «aussi pour amener plus largement le débat sur le financement de notre modèle social sur la place publique dans le cadre des présidentielles».

Confiés à quatre personnalités qualifiées, les travaux devraient démarrer «dans quelques jours, quelques semaines maximum». Stéphanie Rist a confié avoir envisagé de demander au gouvernement, lorsqu’elle était membre de la commission des Affaires sociales de l’Assemblée nationale, une mission sur l’évolution du financement de notre modèle social dans les années à venir «et notamment sur le rôle et la place de l’assurance maladie et des organismes complémentaires». La ministre a insisté sur des «redondances» dans les missions de prévention et aussi évoqué le sujet de certaines «rentes» induites par la réforme du 100% santé. Elle a également évoqué une réflexion à conduire «sur la façon dont l’assurance maladie et les complémentaires pourront se coordonnent dans l’avenir pour que chaque euro utilisé soit vraiment utile», a-elle poursuivi. Avec cette mission, la ministre souhaite par ailleurs «sortir du débat» sur la taxation des Ocam, récurrent chaque année lors du PLFSS et avec une mise à contribution fixée à 1 Md € cette année.

Stéphanie Rist a par ailleurs indiqué que la remise en cause du remboursement de l’ostéopathie par les complémentaires n’était pas «une volonté ministérielle», considérant également «que ça ne peut pas être à la ministre» de définir le contenu des contrats responsables. La mission ne sera pas non plus chargée de cette tâche, a-t-elle précisé. Seule modification poussée à ce stade, l’allongement des délais sur le remboursement des lunettes.

La ministre a également défendu la création d’un réseau France Santé, alors que les sénateurs ont rejeté en commission la mesure du PLFSS permettant de concrétiser les annonces du Premier ministre. «J’espère pouvoir convaincre encore le Sénat parce que je crois que c’est un véritable outil d’aménagement du territoire, il y aura une organisation France Santé qui sera d’ailleurs co-portée par les département», a-t-elle souligné ajoutant que ce nouveau dispositif «ne va rien remplacer et ne met pas fin aux organisations professionnelles». Il vise ainsi à «rendre visibles toutes les organisations mises en place» et à «consolider ces structures» pour permettre à tous les Français d’accéder à un rendez-vous en moins de 48 heures et à moins de 30 minutes de chez eux.

Concernant les professionnels de santé, la locataire de l’avenue de Ségur a indiqué que l’article visant à instaurer une surcotisation sur les dépassements d’honoraires, supprimé à l’Assemblée, ne sera pas réintroduit. «Il faut qu’on travaille avec les professionnels pour qu’on puisse trouver des mesures permettant de limiter ces dépassements qui ne sont pas avec tact et mesure», a -t-elle assuré souhaitant plus largement «recréer de la confiance dans la négociation entre l’assurance maladie et les professionnels».


Photo : Philippe Chagnon / Cocktail Santé
Articles récents

Tapez votre recherche et pressez ENTREE pour la valider