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L’OMS a publié le 17 juin sa plus large étude consacrée à la santé mentale depuis les deux dernières décennies, après un bilan très lourd de la pandémie dans ce champ. Elle tire la sonnette d’alarme et appelle à des efforts importants dans tous les pays.

«Les liens inextricables entre la santé mentale et la santé publique, les droits humains et le développement socioéconomique signifient que le changement des politiques et des pratiques en matière de santé mentale peut apporter des avantages réels et substantiels aux individus, aux communautés et aux pays du monde entier. L’investissement dans la santé mentale est un investissement dans une vie et un avenir meilleur pour tous», souligne le docteur Tedros Adhanom Ghebreyesus, DG de l’agence sanitaire des Nations Unies.

Partout dans le monde, les populations les plus pauvres et les plus défavorisées sont les plus exposées. Elles sont pourtant les moins susceptibles de bénéficier de soins adaptés. En 2019, près d’un milliard de personnes – dont 14 % des adolescents– étaient atteintes d’un trouble mental. Les suicides représentaient plus d’un décès sur 100 et 58 % survenaient avant 50 ans. Ces troubles sont la principale cause d’invalidité et sont responsables d’une année vécue avec une incapacité sur six. Les personnes souffrant de graves difficultés psychiques ont une durée de vie réduite de 10 à 20 ans, souvent en raison de pathologies physiques évitables. Au cours de la première année de la pandémie, la dépression et l’anxiété ont augmenté de plus de 25 %. Les jeunes, les femmes et les personnes déjà concernées par ce type de troubles ont été plus durement touchés par le Covid.

Toutefois, «même avant la pandémie, seule une petite fraction des personnes en ayant besoin avaient accès à des soins de santé mentale efficaces, abordables et de qualité», relève l’organisation siégeant à Genève. Et si 70 % des personnes souffrant de psychose seraient traitées dans les pays à revenu élevé, elles ne sont que 12 % dans les pays à faible revenu.

En moyenne, moins de 2 % des budgets nationaux consacrés aux soins de santé vont à la santé mentale. Près de la moitié de la population mondiale vit dans des pays où l’on compte à peine un psychiatre pour 200 000 personnes, voire plus. De plus, l’offre de médicaments psychotropes «essentiels abordables» est limitée, en particulier dans les pays à faible revenu. L’OMS appelle tous les pays à mettre en œuvre le Plan d’action global pour la santé mentale 2013-2020. Plusieurs recommandations portent sur le changement d’attitude à l’égard de la santé mentale, la prise en compte des risques et le renforcement des systèmes de soins de la santé mentale.

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