dans FAMILLE - ACTION SOCIALE - RETRAITES

Ese a rencontré Dominique Corona, secrétaire général adjoint de l’UNSA, en charge des questions de santé et de protection sociale, donc des retraites. Un échange en vue de clarifier la position de l’organisation syndicale sur ce dossier très sensible.

Soyez clair : l’UNSA est-elle pour ou contre le basculement des retraites en points ? Soutenez-vous cette réforme ?

Depuis le début de l’affaire, nous avons toujours dit que l’actuel système de retraite portait des injustices. En particulier pour les salariés et actifs aux carrières hachées, changeant de statut (les polypensionnés), enfin pour la situation des femmes avec la règle de la décote à 67 ans, sans oublier évidemment les travailleurs à faible revenu.
Ces imperfections pouvaient être résolues dans un système dit paramétrique. Donc nous ne demandions pas un régime universel en points.

Mais nous y sommes désormais…

Parce que le Président de la République, Emmanuel Macron, l’annonçait dans son projet présidentiel. A l’UNSA, nous sommes démocrates et soucieux du dialogue social. Donc le gouvernement veut changer de système, c’est son droit. Et nous entendons défendre les intérêts des salariés dans cette affaire. Y compris ceux des régimes spéciaux où l’UNSA est très présente comme la SNCF, la RATP, la Police pour ne citer que les plus visibles.

18 mois de concertation, pour quels résultats ?

On n’a pas perdu notre temps en réalité. D’abord sur la forme, la méthode. Jean-Paul Delevoye a joué le jeu. C’est un acquis important. Sur le fond, c’est autre chose car les dysfonctionnements potentiels d’un régime universel en points existent. Et là, le gouvernement n’a dissipé aucun malentendu.

Sur quoi précisément ?

Sur la future valeur du point, sur la question de l’âge de référence, sur la gouvernance, sur le devenir des réserves des régimes, sur la phase de transition, (sera t-elle la même pour tous les régimes actuels ?), sur la revalorisation des situations des agents publics, fonctionnaires, notamment les enseignants. Comment l’Etat va t-il remettre à niveau les rémunérations des fonctionnaires? Régler la question des primes? Etc.
Beaucoup de sujets comme vous voyez !

Pendant 18 mois, ces sujets centraux n’ont pas fait l’objet de clarification de la part du Haut commissaire à la réforme ?

Non ou de façon très allusive. On a un sentiment d’improvisation à moins que l’Etat ne masque ses intentions. Il est temps que le gouvernement sorte de l’ambiguïté ou de la cacophonie ambiante.

Des aspects positifs tout de même dans le rapport Delevoye ?

Sur la revalorisation du minimum contributif à 85% du Smic bien que nous réclamions 100% du Smic, sur la validation des trimestres désormais égalisée via le système de points, sur la fin de la décote à 67 ans, sur les éléments de solidarité. Mais ces progrès potentiels masquent des carences de précisions sur les piliers de la réforme.

L’UNSA appelle à la grève le 5 décembre ?

Non. Mais nous soutenons la mobilisation de nos militants dans le secteur public, la Fonction publique car, là, les interrogations sont lourdes.


Publié dans la Lettre du 27 novembre 2019 – Photo : Philippe Chagnon / Cocktail Santé
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