dans LIBRES PROPOS & ÉDITOS

Le spectacle donné par la commission spéciale de l’Assemblée nationale sur la réforme des retraites est navrant. Le débat est bloc contre bloc. Les parlementaires LFI assument une stratégie d’obstruction en multipliant les amendements et les propos décalés. Parfois avec humour et bon sens. Côté majorité, c’est le silence total ou presque. Le gouvernement et les députés rapporteurs des projets en disent le moins possible, craignant peut-être de ne pas tenir les délais impartis aux travaux de la commission, jusqu’au 14 février. A moins que, sur le fond des choses, ils ne masquent une pénibilité à porter sans états d’âme un projet mal ficelé économiquement et juridiquement. Les trous innombrables du projet de réforme jettent d’ailleurs une confusion sans précédent et recèlent un risque sur la pertinence constitutionnelle de la réforme majeure du quinquennat. Navrant, vous dit-on.

Effrayante sur le fond et sur la forme aussi que cette histoire de rejet par la majorité et le gouvernement d’une proposition de loi d’allongement du congé parental pour le décès d’un enfant. Il aura fallu la réaction intelligente du Medef, puis, à retardement, du chef de l’Etat lui-même, pour corriger le tir. Dans cette affaire, où sont passées les valeurs humanistes, sans oublier l’incroyable silence du gouvernement sur une telle question de principe ? Une illustration du fameux « techno-bonapartisme ». Effrayant quand même !

Une page d’espoir pour finir. L’autre jour, une grande chaîne de télévision publique a présenté un reportage sur le centre hospitalier de Valenciennes. Lequel n’est pas en grève ; où les comptes sont équilibrés ; où le climat social et médical n’est pas hystérique comme les médias aiment à nous l’asséner à tout bout de champ. Bref, voici un établissement public qui tourne bon an mal an. Explication de ce miracle : les équipes médicales sont autonomes pour la gestion budgétaire de leur service et donc contraintes d’assumer de vraies responsabilités. Et cela marche semble-t-il.
Comme quoi, il est possible de faire autrement. Et de prouver que la vraie délégation de responsabilité dans tous les domaines, santé en tête, produit toujours au bout du bout, de meilleurs résultats.

Nous ne répéterons jamais assez qu’hormis les périodes crises aiguës la centralisation alimente l’irresponsabilité dans notre société. Et inversement.


Photo : Capture d’écran LCP
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