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Etienne Caniard, président honoraire de la Mutualité française et vice-président de la section des affaires sociales et de la santé au CESE, et Marie-Josée Augé-Caumon, pharmacienne, conseillère Uspo et personnalité associée du CESE, dressent un constat et apportent des propositions pour lutter efficacement contre ces addictions qui font des ravages en santé publique.

Une contribution décapante bienvenue dans un contexte d’interrogations chez les acteurs de santé quant à la volonté du gouvernement de lutter contre l’addiction à l’alcool, un sujet régulièrement controversé en France.

Pour une meilleure prise en charge

Alcool, drogue et tabac sont les principales addictions dont sont victimes les Français. « Le tabac provoque chaque année la mort de plus de 73 000 personnes. Il est la première cause de mortalité par cancer, il contribue à la survenue de maladies respiratoires, il accroît les risques de maladies cardio-vasculaires précoces et d’hypertension artérielle. L’alcool est quant à lui responsable de 49 000 décès par an. Il est la première cause de mortalité prématurée, la première cause de mortalité chez les 18-25 ans. Un enfant naît chaque jour avec une conséquence de l’exposition parentale à l’alcool. Il est l’un des premiers motifs d’hospitalisation. Il contribue à l’insécurité routière et aux actes de violence. Il est enfin, pour les proches et les familles, une épreuve quotidienne, sociale et psychologique. » La section des affaires sociales et de la santé du CESE s’est penchée sur le sujet en collaboration avec la Cour des comptes. Les deux institutions estiment qu’il y a « une absence de cohérence, de continuité et de suivi des politiques publiques. En effet, il persiste un fort contraste entre la vigueur des règles appliquées aux produits illicites et les hésitations des pouvoirs publics dans la définition et la mise en œuvre des politiques relatives à l’alcool et au tabac ». Ensemble, ils donnent leur avis et leurs propositions pour une meilleure prise en charge des problématiques liées aux addictions au tabac et à l’alcool.

Les préconisations de l’avis s’articulent autour de trois axes :

•  Fonder les politiques sur la réalité des dommages (en se dotant d’une méthodologie pour des objectifs plus transparents comme le soutien à la recherche indépendante et en généralisant les outils de prévention qui ont démontré leur efficacité ou encore renforcer la prévention par les médecins et sages-femmes pendant la grossesse).

•  Créer les conditions d’une rencontre précoce avec le soin (à travers l’orientation systématique des personnes hospitalisées en raison d’un trouble lié à une addiction vers les structures de soin et d’accompagnement en addictologie) ;

•  Proposer des réponses adaptées à la diversité des besoins et des parcours de vie (en donnant toute sa place à la réduction des risques, par exemple en positionnant la cigarette électronique parmi les dispositifs de sevrage tabagique. L’intégrer dans le discours de prévention  ; former à l’accompagnement qu’elle implique et en exclure les industries du tabac.

Dila, les éditions des Journaux officiels.

 

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