dans ASSURANCE MALADIE

La Cnam présentait hier sa traditionnelle cartographie médicalisée des dépenses de santé, pour 2017. Cette analyse réalisée chaque année s’intègre dans le rapport Charges et produits, qui sera prochainement présenté, elle s’appuie sur les données du Sniiram et du PMSI.

Cet outil “donne une vision à un instant T du poids que représentent les principales pathologies, syndromes et maladies”, souligne le professeur Olivier Lyon-Caen, médecin conseil national à l’Assurance maladie. Pour cette édition, la cartographie s’intègre dans une“perspective historique” à 6 ans, en étudiant les soins des 57,6 millions de bénéficiaires du régime général.

Parmi eux, 20 millions (soit 35%) font l’objet d’une prise en charge pour pathologie spécifique, souvent chronique, comme le diabète, l’insuffisance rénale chronique terminale ou une maladie respiratoire. En intégrant d’autres situations (prise chronique d’un traitement antalgique ou anti-inflammatoire, maternité ou hospitalisation ponctuelle sans rapport avec une des pathologies spécifiques), près de 26 millions de personnes ont bénéficié d’un recours au système de soins “susceptible de générer une dépense significative”. Enfin, 31 millions de bénéficiaires ont bénéficié de soins courants, en dehors de pathologie ou traitement spécifique identifiable.

Concernant la ventilation des dépenses, cette édition confirme les grands constats observés en 5 ans, à savoir la proéminence de la santé mentale (20,3 Mds €) et surtout des hospitalisations ponctuelles (31,3 Mds €). Ces dernières augmentent “de façon régulière depuis 2012” (+ 553 800 personnes entre 2012 et 2017), en lien avec le vieillissement de la population. Les maladies cardiovasculaires, représentant 14 Mds € de dépenses (+565 600 personnes en 5 ans), s’inscrivent dans la même dynamique.

Les cancers en phase active représentent également 14 Mds, soit 10 % du total. Depuis 2012, le coût de la prise en charge a connu une envolée de 3,2 Mds €. Plusieurs facteurs : l’augmentation de personnes atteintes (1,2 million en 2017) avec une accélération de la progression supérieure à 3% depuis 2012, de l’espérance de vie des malades et du coût des traitements.

La Cartographie souligne le “fort enjeu de santé publique” lié au cancer du poumon avec une progression plus importante pour les femmes (+38% entre 2012 et 2017, +12% pour les hommes), liée à la hausse du tabagisme chez ces dernières depuis 50 ans. La dépense remboursée globale atteignait 1,6 Mds € en 2017 pour cette maladie.


Publié dans la Lettre du 13 juin 2019 – Illustration : Dossier de presse Cnam
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