dans POLITIQUE DE SANTÉ

Après les pistes évoquées par le Premier ministre, Sébastien Lecornu, le 22 juillet, la ministre de la Santé a apporté quelques précisions.

«Les Français, s’ils dépassent un nombre de consultations ou un nombre de boîtes de médicaments paient aujourd’hui, s’ils sont au maximum, 100 € par an (…) Nous allons doubler ce plafond qui n’a pas évolué depuis 20 ans», a annoncé Stéphanie Rist, ce matin sur RMC. Actuellement, les franchises médicales (médicaments, actes paramédicaux, transports sanitaires) et participations forfaitaires (consultations et actes réalisés par un médecin, examens radiologiques, analyses médicales), sont plafonnées chacune à 50 € par an et par patient (soit 100 € au total). Avec le doublement, ce maximum passera donc à 200 €. Les plafonds journaliers en revanche restent inchangés (4 € pour les actes paramédicaux, 8 € pour les transports, 8 € pour les participations forfaitaires).

«Nous avons depuis 2017 mis 85 Mds € de plus pour notre système de santé, notre financement, notre investissement. Nous devons continuer cet investissement pour l’hôpital, pour l’accès aux soins, je pense aux maisons France santé, et pour avoir encore les médicaments les plus efficaces», a souligné la ministre. Elle a par ailleurs rappelé que 18 millions de personnes ne sont pas concernées : femmes enceintes, bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire et mineurs. «En moyenne, pour un patient avec une maladie chronique, c’est 78 € par an actuellement, donc si on double on peut estimer qu’il sera plutôt à 150 € qu’à 200 €», a-t-elle complété.

Les décrets pourront être pris «dès cet été» permettant de rendre le doublement effectif cette année. Les projets de textes réglementaires sont transmis ce jour aux caisses nationales pour consultation, et ont également été adressés au Conseil d’Etat. Selon Les Echos, la mesure permettrait de dégager 750 Ms € d’économies. «Le gouvernement ne souhaite pas toucher aux franchises car cela reviendrait à alourdir la facture dès la première boîte de médicament… à contrario en augmentant le plafond, soit une contribution à partir de la 51e boîte, les mesures proposées permettent d’éviter le gaspillage et la polymedication», a précisé Stéphanie Rist sur X.

Dans une interview à Paris Match, publiée hier, Sébastien Lecornu a lui-même présenté quelques pistes pour l’Assurance Maladie. «Nous allons consacrer en 2027, 16 Mds € pour rembourser les médicaments innovants (…) Lorsqu’un nouveau médicament apporte un progrès médical majeur, il est normal qu’il soit remboursé, c’est la force du modèle social français. A l’inverse, lorsqu’un traitement ancien n’apporte qu’un bénéfice thérapeutique faible, voire quasi nul, son niveau de remboursement doit pouvoir diminuer», a indiqué le Premier ministre. Il a aussi évoqué «un effort» demandé «à ceux qui achètent plus de 50 boîtes de médicaments par an ou vont plus de 25 fois chez le médecin dans l’année, tout en protégeant les plus fragiles socialement». Enfin, le chef du gouvernement a assuré que les tarifs des hôpitaux «seront préservés » et «refuse de toucher au remboursement des consultations des médecins et des infirmiers».


Photo : Philippe Chagnon / Cocktail Santé

 

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