dans LIBRES PROPOS & ÉDITOS

Le retour de vacances s’est opéré au rythme des difficultés du moment, la grève dans les transports et ce déferlement incessant de mauvaises nouvelles sur l’état du pays. A croire que la fin du monde est proche. Car, c’est bien connu, tout va mal en France.

Un mot, forcément, sur la réforme des retraites. Le débat tourne en rond. On sature. Il sature ou presque le reste de l’actualité. Si, au moins, il se disait des choses sérieuses. Si les grands médias faisaient correctement leur travail en donnant la parole aux vrais acteurs du système selon une pédagogie indispensable pour expliquer la complexité des problèmes. Que nenni ! Qui sait comment fonctionne concrètement un régime en points? Qui sait comment s’opère la solidarité nationale au profit des régimes démographiquement déficitaires ? Etc. Avant de s’apostropher sur les plateaux télé, à coups de slogans, de menaces, de fantasmes sur la fin des retraites ou le tsunami de capitalisation, on aurait pu faire les choses autrement. Trop tard ! Le débat lasse. Qu’on en finisse.

A l’heure où ces lignes sont écrites, nous saturons donc et le conflit ne semble pas stoppé.

En réalité, tous les protagonistes mentent ou se mentent. Le gouvernement, qui longtemps durant a masqué ses véritables intentions d’économies et de contrôle général du système social sur le long terme. Qui peut prétendre le contraire, alors que les ministres reconnaissent que l’Etat employeur va devoir revaloriser massivement les carrières de millions d’agents ? Ou encore les multiples coups de canif donnés au fameux régime universel pour de nombreuses catégories socio-professionnelles. Allons-nous passer demain d’un système avec 42 régimes néanmoins en voie d’harmonisation à un pseudo-régime universel doté de 42 situations dérogatoires ?

Les opposants mentent aussi. Car il y aura bien un problème des retraites. Et il faudra déjà trouver des solutions sérieuses pour les quinze à vingt années à venir. Là, parions que le sport national, tant prisé chez nous, qu’est la défausse des responsabilités avec le « courage, fuyons ! », trouvera une belle occasion de s’imposer.
La réforme des retraites, les enjeux de santé publique, l’hôpital, d’autres encore illustrent trop souvent cette incapacité collective à poser sereinement le débat public.

Bonne année tout de même, au nom de l’équipe d’ESE !

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