dans LIBRES PROPOS & ÉDITOS

Coronavirus, retraites, il est des moments où l’on préférerait positiver les choses. Hélas, la réforme des retraites adoptée en première lecture à l’Assemblée nationale ne le permet pas. Au contraire !

Bien que légitime, la procédure du 49-3 reste toujours maudite dans notre arsenal constitutionnel.
Au sortir de trois semaines de débats devenus fous au Palais-Bourbon, ponctuant en cela un dossier qui ne l’est pas moins, que restera-t-il ?
Une image abîmée du pays, toujours perçu comme ingouvernable et irréformable, une majorité parlementaire sérieusement ébranlée, une perspective politique pour le gouvernement et le chef de l’Etat très endommagée. Même l’opposition, entraînée dans un maelström de rejets n’est guère sûre d’en profiter. La qualité de notre démocratie souffre de ce pitoyable spectacle nourrissant l’antiparlementarisme latent. Dans un moment où la crise de confiance envers le politique atteint un paroxysme sans égal.

A cela, il convient d’ajouter un risque budgétaire pour les années à venir, tant les données de la réforme et son impact demeurent incertains. L’opinion nourrit désormais une forte inquiétude pour ce temps de sérénité et de repos qu’est la fin de vie active. Les partenaires sociaux ne sortiront pas vainqueurs de l’affaire. Qu’ils soient radicaux ou réformistes, peu conviennent d’être assurés d’une reconnaissance sociale de l’opinion, des salariés ou de leurs mandants. Pour les dizaines de millions d’actifs concernés par cette réforme, démentielle par sa démesure et les incertitudes pécuniaires personnelles qu’elle entraîne, c’est désormais la méfiance
qui s’installe durablement.

Quant aux gestionnaires des régimes actuels, Carsat, régimes autonomes des libéraux ou spéciaux du secteur public, régimes complémentaires et autres dispositifs généraux ou particuliers, les voilà coincés entre les contraintes dirimantes du moment et le scepticisme pour leur avenir.

Bref, on pouvait espérer mieux, autre chose.

Nous ne le répéterons jamais assez, d’autres modes d’action et d’autres solutions existaient. Réfutées au nom de ce qu’il faut appeler une croisade présidentielle sans impératif économique objectif, elles pouvaient permettre de renouveler l’essentiel de ce qui fonde le pilier majeur d’un bon système de protection sociale, la confiance dans le contrat social national.

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