dans LIBRES PROPOS & ÉDITOS

Sacrifions à la tradition des vœux. Laquelle, pour l’ampleur qu’elle prend en France, reste bien une exception.

A ESE, nous souhaitons une année « bousculante ».

Confessons toutefois que les choses ne débutent pas forcément bien.

Il y a l’affaire de la LFSS 2018, avec la disparition injuste du RSI et la hausse de la CSG des retraités et des fonctionnaires qui ne passent décidément pas. D’autant que la décision du Conseil constitutionnel du 22 décembre est un coup de force politique presque revendiqué.
Le Conseil s’est démis ainsi de sa mission de gardien du temple de la loi. Pour ceux qui doutent de notre propos, nous les renvoyons à la lecture attentive de la décision du Conseil.

Regrettons aussi la frilosité de la ministre de la Santé sur notre responsabilité collective à propos de la prévention de la grippe saisonnière. Au lieu de prendre le « taureau par les cornes », Agnès Buzyn donne le sentiment d’esquiver la question frontale de l’implication des professions de santé sur une question majeure de santé publique. D’autant plus que, cette année, tous les experts convergent pour dire que le vaccin protège bien contre le virus dominant H1N1. Alors, pourquoi l’Etat semble-t-il craindre d’agir plus fortement ? Déranger les médecins, éviter d’alimenter les réseaux sociaux sur le complot ministère de la Santé-fabricants de vaccins ? Faut-il dire comme notre ministre le fit à notre confrère Le Quotidien du médecin que la vaccination des professionnels de santé, des médecins en particulier, ne relève pas du « bénéfice individuel mais d’un enjeu déontologique pour protéger la patientèle », ce qui prête à confusion sur le fond de l’acte de prévention qu’est la vaccination de tous, du moins des populations fragiles. Lesquelles régressent dans leur comportement préventif. Il y a là une incompréhension politique. Nous souhaitons nous tromper. Mais l’expérience prouve le contraire. Et 2018 pourrait être une énième année de recul de la prévention secondaire dans le pays. Du coup, c’est toute la crédibilité du très prudent projet santé d’Emmanuel Macron qui serait entachée.

De tels atermoiements ministériels, d’autres sujets sont sur la table comme la réorganisation de la médecine de ville et les mutations hospitalières, rehaussent objectivement les réformes ministérielles des prédécesseurs d’Agnès Buzyn, qu’ils s’agisse de Marisol Touraine, Roselyne Bachelot, Claude Evin ou René Teulade. Santé et prévention relèvent aussi du combat politique.

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