dans LIBRES PROPOS & ÉDITOS

Le plan santé présenté par Emmanuel Macron est bon

En fait, c’est le seul possible dans le contexte eu égard aux multiples contraintes du moment. Trop de gaspillages, de frustrations, d’inadéquations pour les soins et leur organisation, dénoncés de longue date parce qu’ils ne sont que le reflet des attentes chaotiques et inflationnistes des milieux professionnels de santé.

La plupart des présidents de la Ve République ne sont guère intéressés à la santé. Hormis l’aspect électoral qu’ils en escomptaient, notamment à droite.

Préférant confier implicitement ce dossier au corps médical et à ses appendices. L’actuel président, fils de médecin, s’engage sur ce chantier par la force d’une situation dégradée. Que faire cependant ? Soit du classique en saupoudrant de la dépense budgétaire, mais sans réorganiser vraiment les choses ou faisant semblant, ce qu’ont fait tous ses prédécesseurs. Mais cela ne règle rien. Soit on s’attelle au fond des enjeux et alors on est contraint de bousculer la médecine de ville en la regroupant. La réforme sera donc globale, systémique. Car pour sauver l’hôpital, il faut aussi changer profondément la médecine de ville. Quitte à prendre de front les professionnels libéraux, fût-ce en les caressant dans le sens du poil d’abord. Puis en haussant le ton ensuite… Ce qui ne tardera pas, à défaut de résultats.

Trois défis au moins à surmonter pour le gouvernement.

D’abord le pilotage politique de la réforme. Les comités techniques nationaux sont utiles, mais ne remplacent pas le portage politique. La ministre de la Santé, clairement mandatée, doit passer la vitesse supérieure et s’engager à fond. Il en va de la crédibilité de la réforme qui ne doit pas s’enliser dans les sables de la bureaucratie habituelle. Même remarque donc pour son administration, centrale et territoriale, qui doit aussi muter. En filigrane, la question des délais et des lourdeurs réglementaires est posée. La France est une nation lente et lourde à manœuvrer. Il faut aussi, troisième défi, profondément déconcentrer voire décentraliser les arbitrages. Le principe de subsidiarité doit ici prévaloir. La France meurt de son centralisme sanitaire et social ! Enfin, last but not least, il faut oxygéner les formes de contractualisation entre la puissance publique et le monde des acteurs de santé. Croire que, spontanément, ceux qui portent (les acteurs institutionnels) en grande partie la responsabilité de nos errements s’adonneront à l’idée réformatrice est naïf.

La bataille contre les corporatismes sera terrible, mais les solutions sont aussi ailleurs…

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