dans LIBRES PROPOS & ÉDITOS

Au dire des propos tenus ici et là, si, globalement, les annonces présidentielles de sortie de crise des Gilets jaunes sont utiles, de notre point de vue, on ne peut qualifier cet ensemble de mesures de révolutionnaire.

La question de la suppression de l’ENA est assez symptomatique des dysfonctionnements des politiques publiques du pays. Santé en tête.

Preuve de notre constat, le récent colloque de la MNT avec l’association des maires des villes moyennes de France. Son thème « Les déserts médicaux » n’était pas franchement nouveau. Ce qui le fut, c’est la véritable bronca des maires des communes comme Cognac, Senonches ou Charleville-Mézières, sans parler des autres élus présents, envers les acteurs classiques comme l’Etat et le corps médical, Conseil national de l’Ordre en tête.

Un fort sentiment d’abandon, de dépenses publiques gaspillées, du moins peu optimisées au travers de l’amoncellement des aides pour espérer conserver des médecins libéraux de terrain. Impressionnants, cet écart, ces deux mondes, celui de nos belles traditions nationales, désormais épuisées parce que défenderesses d’un système périmé ou presque.

Et l’autre monde, confus certes, un peu désespéré, celui des élus, et à travers eux d’une fraction de nos territoires qui tentent de sauver l’essentiel. Prolongement des constats, on apprend aussi que 10 % des Français ne reçoivent pas la 4G, sans omettre la qualité de la réception, et que la fracture numérique tarde à se résorber.

Comment, dans ces conditions, parler de monde nouveau et de réussite numérique ?

Faut-il rappeler encore que 51 % de la population nationale vit dans des communes de moins de 10 000 habitants ?

La question de l’aménagement et de la vitalité des territoires est donc majeure. C’est tout ça notre problème. Pas sûr que les annonces soient adaptées à ces défis. Qui ne requièrent que peu d’argent, mais un profond changement de méthode.

Il faudrait un travail d’orfèvre décentralisé pour réparer le tissu local, comme nous allons rebâtir la cathédrale Notre-Dame de Paris.

L’on quête une conception et un mode de fabrication de la dépense publique autre qu’une litanie de mesures de circonstances. L’écart entre le niveau de dépenses publiques et sociales du pays, près de 36 % du PIB, et le degré de satisfaction, mais aussi l’efficience des sommes en cause, devient sidéral à l’aune de ces défis.

 


Publié dans ESE N°1151 du 19 avril 2019 – Illustration: Macrovector / Freepik

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