dans POLITIQUE DE SANTÉ

La surconsommation médicamenteuse des seniors est un sujet récurrent en santé publique. Pour lequel les choses ne s’améliorent guère… L’enquête (3 mois fin 2016) de Santéclair, aidée par France Assos santé et publiée par 60 millions de consommateurs produit des données spectaculaires. Le travail a été réalisé par la société Openhealth Company qui a interrogé un réseau de 2 600 officines représentatives. Les médicaments ont été analysés selon leur code ATCS, la base médicament est celle de la Cnamts (Thésorimed) agréée par la HAS. Les produits d’automédication sont intégrés dans les données.

Sur 155 000 personnes âgées de 65 ans et plus, polymédicalisées  :

  • 7 médicaments différents sont pris quotidiennement en moyenne. Avec des écarts parfois ahurissants de situation. Mais 14,4 médicaments différents absorbés sur 3 mois. Un cas dépasse 58 produits !
  • 10% des produits ont un SMR faible.
  • 90% des patients sont concernés par une association de médicaments à risques iatrogéniques.
  • Chose étonnante, 2,6 médecins prescripteurs en moyenne, ce qui laisse entendre une absence de coordination entre eux…16% des sondés n’ont qu’un seul prescripteur.
  • Les situations répertoriées ? Les antihypertenseurs (62%), les IPP (inhibiteurs de la pompe de protons), les psychotropes évidemment (47%), les anti-HTA (44%), l’aspirine, les diurétiques (34%) pour ne citer que les plus gros cas.

L’analyse de Santéclair prend en compte la méthode de criblage de pertinence de consommation de la HAS et de la méthode dite « STOP-START » sur les bonnes pratiques de médicamentation des personnes âgées.

Conséquences de cette surconsommation, des hospitalisations et des réadmissions (1,5 million de journées en 2013 soit 7% du total), des décès (une projection de 7500 est évoquée mais avec prudence), et un mal-être médico-social aux conséquences médico-économiques importantes.

 

Décryptage : Rien de nouveau en soi et c’est là le problème !

Santéclair, connue pour ses travaux solides mais dérangeants, France Assos Santé et l’INC, ne sont pas illégitimes. Mais que l’Etat, l’Assurance maladie, les organisations médicales non seulement se taisent mais ne fassent pas grand chose in fine prête à débat sur une question nationale de santé publique. Agnès Buzyn veut faire de la prévention une priorité, nous y voilà !

Que faire alors ? En parler déjà, analyser régulièrement la situation, former les prescripteurs et les patients (qui parfois n’observent plus inconsidérément leurs ordonnances), changer les mauvaises habitudes comme le renouvellement des ordonnances devant être précédé par une révision étayée par des analyses préalables. Bref bousculer la chaîne classique. 

 


Publié dans la Lettre n° 814 du 22 septembre – Crédit photo: Olivier Clément / Cocktail Santé

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