dans LIBRES PROPOS & ÉDITOS

Les derniers événements concernant le règlement arbitral adoubé par Marisol Touraine sur les soins dentaires confirment nos précédents propos. Comme prévu, le contenu du règlement est moins bon pour la profession que le projet d’accord conventionnel de la Cnamts.

 

Certains tarifs de prothèses sont plafonnés (la moindre des choses !), mais avec tempérance pour tenir compte des différences de situations géographiques. La base de remboursement des couronnes est élargie de 11%. L’amélioration de l’accès aux soins pour les bénéficiaires de la CMU-C et de l’ACS est réelle, ce qui était souhaité par tous. La prévention n’est pas oubliée, avec un examen bucco-dentaire régulier pour les jeunes, une consultation longue pour les personnes handicapées, une séance de bilan parodontal pour les diabétiques. Enfin, nombre de soins conservateurs sont revalorisés pour un coût total de 650 millions d’euros, même si cela prend parfois la forme d’un saupoudrage.

Comme prévu, la profession proteste. Mais qu’espérait-elle de plus ?
Peut-on décemment revaloriser les soins conservateurs et ignorer les surcoûts sur les soins prothétiques ?
État et Assurance maladie sont-ils seuls responsables des inégalités professionnelles de revenus, de comportements et de pratiques, qui rendent difficile toute régulation socio-économique après tant d’années d’incurie et de laisser faire ?

Ne tournons pas autour du pot : la profession a, hélas, échoué. Et « le train ne repassera pas » avant un moment. Il y a aussi d’autres priorités en santé. Nous évoquons cette affaire, parce qu’elle illustre les difficultés futures avec la question de la réforme des restes à charge (RAC), que ce soient les dépassements tarifaires, les soins prothétiques dentaires, optiques – là les choses sont différentes car il s’agit d’une consommation parfois banalisée –,les audioprothèses. L’affaire ne sera pas simple parce qu’il faudra contraindre les comportements collectifs et faire cesser les dérapages individuels. À défaut de solides accords nationaux, ce sera alors aux réseaux et à la concurrence de jouer pour mieux faire entendre les intérêts des patients.☆


Carnet paru dans le n° 1107 d’Espace sociale Européen – Crédit Photo: Cocktail Santé
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