dans POLITIQUE DE SANTÉ

Ce matin, la Commission des comptes de la Sécurité sociale, instance austère et précise, pointait un déficit prévisionnel de 8,6 Mds € pour la Sécurité sociale en 2018. Ce chiffre ne prenait pas en compte les annonces du PLFSS présentées quelques instants plus tard par les ministres Buzyn et Darmanin. Ces 8,6 Mds € totalisaient 5,9 Mds € de déficit pour le régime général et 2,8 Mds € de déficit pour le FSV.

Quelques minutes plus tard donc, nos deux ministres présentent un PLFSS 2018 doté de 30 mesures (la plupart déjà connues, voir nos lettres précédentes) portant sur 4,2 Mds € pour l’assurance maladie notamment (1 Md supplémentaire sur les autres branches) mais surtout annoncent un résultat global du régime général et du FSV à seulement 2,2 Mds € de déficit (meilleur chiffre depuis 2001) dont un excédent de 1,2 Md € pour les 3 branches « dépensières » du régime général (Cnamts, Cnaf et Cnav). Si les données pour la Cnaf et la Cnav sont crédibles, c’est le tour de passe-passe pour la Cnamts qui laisse pantois. Comment passer d’un déficit potentiel de 7,9 Mds € à seulement 0,8 Md € en un an ? Certes, il y a les 4,2 Mds € d’économies sur la Cnamts (médicament, hôpitaux, etc.). Tout cela est connu. Mais c’est surtout le fait que le boni de la nouvelle CSG de 1,7% sera affecté à la Cnamts puisque celle-ci est prélevée dès le 1er janvier prochain mais ne verra baisser la seconde tranche de 0,75% qu’à partir du 1er octobre 2018. Ce faisant, l’Etat engrange 3 Mds € de recettes « non-affectées » a priori pour 2018 mais les laissera dans les comptes de la Cnamts ! Donc, les salariés pendant 9 mois vont surpayer la réforme, quant aux retraités la nouvelle CSG est un risque « viager »…

Et donc encore la baisse massive du déficit de la Cnamts pour 2018 est purement factice car par définition le mesure de « cavalerie » financière ne peut se reproduire en 2019.

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