dans LIBRES PROPOS & ÉDITOS
Par Thierry Beaudet, président de la Fédération nationale de la Mutualité française, invité de la rédaction d’Espace Social Européen

Cela fait maintenant cent trente-cinq ans que le Congrès de la Mutualité française se veut un formidable moment de prise de recul et de projection : dans le passé, pour observer le chemin déjà parcouru, l’évaluer ; dans l’avenir, pour tenter d’appréhender l’incertitude et agir sur le cours des choses. Celui de 2018 ne dérogera pas à la règle. D’autant que l’instant est particulier.

Un instant où les défis pour le système de protection sociale et de santé sont considérables, qu’il s’agisse d’efficience de la dépense, de l’accès territorial et financier aux soins, ou encore de l’adaptation aux mutations du monde du travail et de l’anticipation des transitions épidémiologique et démographique. Un instant où les défis sont également nombreux pour les mutuelles. Comme par le passé, elles doivent une nouvelle fois faire preuve de souplesse, de résilience, de capacité à innover, à se transformer. Nous avons encore toutes les raisons de vouloir présenter et défendre nos « mutuelles », mot commun qui continue d’incarner une identité distinctive, un label. Preuve en est le capital confiance dont nos mutuelles bénéficient par rapport aux autres catégories d’assureurs. Nous sommes les seuls organismes dans lesquels les Français voient plus que des assureurs, plus que des complémentaires santé.

Tantôt porteuses d’ambitions et de solutions, tantôt éclaireuses et lanceuses d’alerte, les mutuelles se sont en permanence construites entre intérêt collectif des adhérents et intérêt général. Sécurité sociale, assurance santé, utilité sociale des entreprises : autant de questions sur lesquelles le mutualisme a ouvert la voie en tant que mouvement social de la société française. C’est cette dimension de mouvement qui lui donne son agilité, sa capacité d’anticipation et de projection : un mouvement constitué de sociétés de personnes, nées dans les territoires et toujours ancrées localement, créées par les adhérents et toujours gouvernées démocratiquement ; un mouvement constitutif d’une manière d’entreprendre autrement, d’être ensemble, au plus près des individus.

Charge désormais aux militants, aux élus, aux adhérents et aux salariés d’aujourd’hui de se mobiliser, comme l’ont fait ceux qui les ont précédés, pour pérenniser le modèle mutualiste et lui garantir un développement continu.

 

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