dans PRÉVOYANCE

Retour sur la construction, les enjeux et les perspectives du groupe VYV avec François Venturini, son directeur général.

 Le groupe VYV a été conçu dans une logique de solidarité forte et d’« intégration croissante », pourquoi ce choix ?

Notre groupe a été conçu pour mieux nous inscrire dans la durée. L’UMG est en quelque sorte une « holding mutualiste », mais dont les membres restent ses mutuelles affiliées. Solvabilité 2 nous donne, certes, les moyens de construire des groupes mutualistes plus solides, mais se limiter au minimum demandé par l’ACPR n’est pas, à notre avis, suffisant. Dès le départ, notre volonté était de concevoir un groupe stratégique fort, à solidarité et intégration croissantes. Sa création a demandé beaucoup d’énergie, il faut continuer et aller plus loin. En cas de difficultés, nous devons être suffisamment intégrés pour nous obliger à trouver les bons compromis.

Qu’entendez-vous par « aller plus loin » ?

 Nous allons mettre en commun des forces commerciales importantes, dédiées aux grands comptes, publics ou privés, aux conventions collectives et à certains référencements de la fonction publique. Nous mutualiserons également nos moyens dans beaucoup d’autres domaines, comme l’audit, le juridique, les achats… Or, tout cela n’est absolument pas obligatoire dans une UMG. Nous allons aussi partager certains outils, comme Mutex pour la prévoyance. De même, nous allons mettre en commun nos réseaux de professionnels de santé et nous disposerons de notre propre structure d’assistance.

Sur les grands chantiers et les différents cœurs de métier, quelles sont la répartition et l’organisation entre les mutuelles et le groupe ?

 La prévoyance, l’épargne retraite, les partenariats avec les assureurs de biens… relèveront de la stratégie du groupe qui en assurera le pilotage. Cette stratégie pourra être exécutée éventuellement par les équipes du groupe VYV ou par ses mutuelles membres. La création du groupe implique des efforts considérables d’adaptation, principalement pour la MGEN, Harmonie et la MNT, qui sont les plus impactées. Sur les 450 salariés qui composeront très prochainement notre groupe, au moins 80 % proviendront des mutuelles. Elles travaillent donc à une nouvelle organisation, dans une logique d’efficience, rendue de plus en plus indispensable par l’impact des nouvelles technologies. Harmonie a lancé depuis plusieurs années un plan d’amélioration de la performance, la MGEN, la MNT et la Mgefi se sont aussi engagées dans une démarche de ce type. Et cet enjeu se retrouve naturellement au niveau du groupe.

Envisagez-vous le recours à des plates-formes de gestion communes ?

 Un premier travail va être lancé pour créer les interfaces qui permettront à tous les outils communs, notamment ceux utilisant les nouvelles technologies, de dialoguer avec les différents systèmes d’information (SI) des mutuelles. A plus long terme, nous pourrons envisager un SI unique, mais ce chantier devra être engagé prudemment.

En revanche, nous aurons certainement intérêt à nous interroger sur l’optimisation de nos réseaux d’agences.

Comment sont organisées les fonctions clés ?

 Pour l’audit, une direction unique est créée au sein du groupe. Tous les moyens seront mutualisés, au bénéfice et de l’UMG et de nos mutuelles, qui feront appel à ces ressources partagées. Concernant l’actuariat, le responsable de la fonction clé au niveau groupe la portera également dans les six mutuelles affiliées.

Les fonctions clés gestion des risques et conformité seront maintenues au sein des mutuelles, car elles sont intimement liées au mode d’exercice de leurs activités. Toutefois, les fonctions clés groupe auront vocation à orchestrer l’ensemble.

Le digital s’impose comme un axe majeur pour le groupe. Quels sont vos projets ? Que va-t-il advenir du partenariat entre Harmonie mutuelle et Orange Healthcare ?

 Le partenariat avec Orange Healthcare va s’élargir à l’ensemble du groupe. Nous finalisons par ailleurs un premier projet important d’investissement dans une start-up disposant des agréments ARS. Il nous permettra de proposer très prochainement un ensemble de services de télémédecine (télé-conseil, télé-expertise, télé-consultation) à nos adhérents, particuliers et entreprises.


Initialement publié dans ESE n°1116 du 22 septembre 2017 – Photo: Philippe Chagnon / Cocktail Santé
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