dans LIBRES PROPOS & ÉDITOS

Les hôpitaux en déficit, avec près de 900 millions d’euros en 2017, un doublement en six ans. Pas une surprise en soi. C’est la résultante d’injonctions contradictoires qui atteignent désormais une sorte de paroxysme. On ne peut équilibrer les comptes d’un établissement public de santé avec une telle addition d’exigences, qui parfois frise l’absurdité. Déjà, l’hypothèse macroéconomique d’ensemble est erronée, car elle suppose une hausse du nombre de séjours, alors que c’est l’inverse qui se passe. En toute logique d’ailleurs, compte tenu de l’amélioration des prises en charge des patients en ambulatoire. Du coup, on baisse les tarifs pour tenir l’Ondam, sans oublier qu’au niveau central l’Etat retient 600 millions d’euros de crédits chaque année pour équilibrer l’ensemble, compte tenu du dépassement logique de l’enveloppe des soins de ville. Kafkaïen ! A cela s’ajoutent des charges médicamenteuses en hausse et l’absence de marge de manœuvre sur les dépenses fixes (salaires et logistique), également en hausse. Y compris sous la pression politique nationale ou locale. Et on ne parle pas des urgences, véritable concentré des contradictions d’ensemble…

Le problème, car il y en a un, est que le pays se ment sur ce dossier.

L’avenir n’est pas à la relance des dépenses hospitalières selon une vision datée de l’offre et de l’organisation des soins. Hormis quelques cas d’espèce, l’hôpital doit être un lieu de soins aigus de pointe, doté d’équipements performants et animé par des équipes reconnues et valorisées pour leurs compétences. A contrario, les soins de ville doivent être profondément rénovés et bousculés dans leur conception pour devenir le réceptacle des soins courants et chroniques.

Les gens sérieux savent tout cela. A commencer par Emmanuel Macron et Agnès Buzyn. Voilà pourquoi aussi le gouvernement est embarrassé pour ses annonces santé à venir. Alors que les professionnels des hôpitaux, attendent un nouveau coup de pouce financier lors des prochaines annonces gouvernementales, l’exécutif aspirerait plutôt à dire les choses et à réordonner l’organisation des soins.

Il est donc temps d’agir. Mais qui est prêt à porter ce redoutable et fantastique chantier ?


Publié dans Ese n°1134 du 22 juin 2018 – Illustration: Patrick Bonjour / Cocktail Santé
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