dans POLITIQUE DE SANTÉ

Jeudi dernier, lendemain du dépôt du rapport Iborra (députée LREM) sur les carences de moyens et d’effectifs dans les établissements, plusieurs milliers de manifestants ont répondu à l’appel des organisations syndicales mais aussi des fédérations employeurs, le consensus est donc là sur le fond des besoins. Un mouvement déjà engagé depuis plusieurs mois, notamment le 30 janvier dernier, et largement soutenu par l’opinion.

Quels reproches sont faits à l’Etat dans un dossier dont les ressorts datent de longtemps ?

Une exigence de vrai dialogue en premier lieu. Un effort économique structurel, bien au delà des 50 Ms € alloués en urgence ensuite. Les demandes portent aussi sur un moratoire d’application de la réforme de la tarification jugée pénalisante pour le secteur public et parapublic. Reste la médiation de Pierre Ricordeau (Igas) dont on ne perçoit pas bien la portée opérationnelle dans le contexte où clairement le gouvernement doit offrir une perspective sérieuse sur un dossier oublié dans la campagne d’Emmanuel Macron… Au passage, “Le mensuel des Maisons de retraite” évoque les “fake news” qui circulent sur ce dossier comme quoi la réforme tarifaire ferait perdre de l’argent alors que le solde final positif en 2023 sera de 300 Ms € à l’avantage du privé lucratif pour 194 Ms mais aussi du parapublic (+104 Ms) et du public (+100 Ms). Cet effort porte sur les seuls tarifs administrés comme la dépendance et les soins.

Au cœur des revendications de l’intersyndicale : de meilleures conditions de travail et plus de moyens humains, avec un ratio d’un salarié tous personnels confondus pour un résident contre 0,6 en moyenne actuellement.

La mission parlementaire propose de doubler le ratio d’aides-soignants et infirmiers dans les Ehpad dans un délai de 4 ans “maximum”. Il sera ainsi porté à 60 ETP pour 100 résidents.

Pour la première fois depuis mai dernier, les acteurs de la perte d’autonomie ont été reçus par la ministre des Solidarités … Agnès Buzyn a confirmé qu’elle « s’engageait à neutraliser les effets de la réforme de la tarification pour une durée qui reste à déterminer dans le cadre d’un travail approfondi entre les fédérations et le médiateur M. Pierre Ricordeau ».

La ministre a notamment indiqué qu’elle poursuivra le chantier sur la qualité de vie au travail avec les branches professionnelles et souhaite conduire “une réflexion d’ensemble sur la formation, le parcours de carrière et le référentiel de compétences des aides-soignants”. La concertation sur le vieillissement et la prise en charge des personnes âgées (qui doit se tenir ce mois-ci) abordera la question de l’organisation du secteur de la prise en charge en établissement comme à domicile. Enfin, un travail commun sera conduit avec l’Assemblée des départements de France sur le financement et le pilotage de la dépendance.


Initialement publié dans La Lettre N° 912 et 913 des 15 et 16 mars 2018 – Crédit Photo: Philippe Chagnon /Cocktail Santé
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