dans POLITIQUE DE SANTÉ

 » Je réaffirme aujourd’hui la place importante du virage ambulatoire dans ma stratégie nationale santé horizon 2022 « , a déclaré Agnès Buzyn lors des Entretiens de Bichat, en fin de semaine dernière à Paris. A cette échéance, la ministre de la Santé a posé l’objectif, de 55% pour les actes de médecine et 70% pour la chirurgie, contre respectivement 43% et 54% aujourd’hui.

D’après le dernier rapport de l’Association française de chirurgie (AFC) le taux global national d’opérations réalisées en ambulatoire était de 36,2% en 2009. Mais cette progression cache des disparités selon les spécialités, les régions, et les secteurs. Le privé conserve son avance avec près de 18,6 points d’écart par rapport au public.

L’objectif avancé par la ministre semble  » ambitieux « . Selon l’AFC, seules 31,6% des équipes disposent d’une Unité de Chirurgie Ambulatoire (UCA) depuis moins de 5 ans et 10% moins de 2 ans. Par ailleurs, 63% d’entre elles, ont de moins de 15 places.

La ministre a reconnu l’existence de  » nombreux obstacles «  au développement de l’ambulatoire en particulier liés aux recettes  » inférieures à celles réalisées auparavant en hospitalisation complète  » mais aussi aux problématiques de transports publics pour certains territoires. Enfin, que cette évolution passera  » par une adaptation de la tarification en logiques de parcours, pour laquelle j’engage une réflexion et des expérimentations « .

Décryptage : La France ne ferait que rattraper son retard par rapport à d’autres pays plus avancés. Historiquement l’hôpital est davantage tourné vers la chirurgie, et en second lieu vers les actes de médecine pour les situations ne pouvant être traitées par d’autres acteurs de soins. La chirurgie ambulatoire se développe largement, pour les interventions lourdes (de type prothèse de hanche par exemple), avec un impact réel sur l’organisation des équipes et même sur le devenir des établissements hospitaliers. Et de plus en plus d’actes médicaux vont être pratiqués sous un mode ambulatoire. C’est une évidence, mais il faut réellement anticiper cette mutation et son impact sur le fonctionnement des équipes et plus largement de l’Hôpital. 


Publié initialement dans La Lettre n°824 du 9 octobre 2017 – Crédit photo: Philippe Chagnon/Cocktail Santé
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