Retraite, bien que nous soyons encore à quelques
mois du rendez-vous fixé par Nicolas Sarkozy à
l’automne prochain, les choses semblent se clarifier
peu à peu. Ce qui ne veut pas dire que la réforme soit
acquise, loin s’en faut.
Le passage, d’ici 2020, à 41,5 années de cotisations pour prétendre à une retraite à taux plein se dessine. Il s’inscrit dans la ligne directe de la règle de la réforme Fillon de 2003 qui affecte un tiers du gain d’espérance de vie à la durée de cotisation après 60 ans. De 2020 à 2050, on estime que cette durée pourrait atteindre 43 voire 44 ans. Second rendez-vous, le seuil des 60 ans. Le Gouvernement laisse entrevoir l’idée d’un lien direct minimal entre l’âge d’entrée dans la carrière professionnelle et celui auquel, le salarié ou l’actif peut faire valoir ses droits à la retraite. Une sorte de retraite à la carte, mais encadrée par des règles minimales. À suivre attentivement évidement.
Se rend-on suffisamment compte que les choses
changent en matière de dépenses sociales, de solidarité
et de santé ? D’un côté, le président de la République et
son gouvernement tiennent un discours de maîtrise des
dépenses sans pédagogie sérieuse sur le fond des enjeux
et des choix à opérer – ce qui est perçu, dans le
contexte présent de crise et de méfiance sociale, comme
une politique de rigueur, si ce n’est de remise en cause
du “modèle” social français. De l’autre côté, l’opposition
politique – un peu moins les syndicats qui par la force
des choses travaillent davantage les réalités–, fait comme
si, revenue au pouvoir, elle rétablirait la situation
ancienne. Frustration d’une part, surenchère, ou
décalage complet d’avec les réalités d’autre part.
L’exemple de l’hôpital illustre bien cette situation : sa réforme en France, dans la réalité médico-économique du système de soins national d’aujourd’hui, ne peut pas passer par une extension de son périmètre physique et budgétaire. Le prétendre consiste à ignorer les exigences de performance à réaliser désormais.
La France, à quelques détails près, ne peut plus augmenter le niveau de ses dépenses collectives en matière sociale et de santé. Les ressorts de la réforme puisent leur légitimité dans un considérable travail d’optimisation des systèmes. Nous allons faire ce que tous nos partenaires européens font depuis de nombreuses années. C’est là que se niche la vraie convergence communautaire et non dans des chimères de supranationalité européenne sur les questions de santé et de protection sociale.


Editorial