HPST a été voté. Il était temps car la lassitude des
uns et des autres est grande. On peut parler de
“record” quant au temps parlementaire et à la
longueur du texte législatif, sans compter le tsunami
réglementaire qui en découlera. Il faudra des années de
travail pour traduire l’ensemble des nouvelles règles
dans les pratiques.
Que dire de ce texte ? Sa pesée normative – sommes nous condamnés à fabriquer ainsi la loi ? – interdit tout jugement tranché. Il y a du bon, du moins bon, mais surtout beaucoup de rendez-vous manqués. Sur la prévention, sur l’accès aux soins, la réorganisation de la médecine de ville, l’éducation thérapeutique du patient, les ambitions premières ont été étouffées au fil des débats. Bref, globalement le verre sera perçu comme à moitié plein. Pas sûr que nos compatriotes ne le perçoivent pas comme à moitié vide. Tout cela a manqué de souffle et s’est perdu dans un “kafka” hospitalier, au risque de l’incompréhension voire de l’impuissance.
Il y aura toutefois bien un après HPST. Certes pas sur les grands schémas mais sur une vision de la santé des Français moins dépendante des pesanteurs professionnelles parisiennes. Notre espoir se niche là, dans l’émergence de nouvelles générations d’acteurs, issus du terrain, dont les actes nourriront la légitimité, en place des oripeaux idéologiques nationaux d’un autre temps.
Coup de gueule de Philippe Séguin, le premier
président de la Cour des comptes, préposé aux
mauvaises nouvelles qui, en matière de déficit et
d’endettement du pays, le sont vraiment. Plus de 7 % de
déficit budgétaire fin 2009, encore 6 % fin 2012. Ce qui
place la France en dehors des clous de Maastricht.
La même année, en 2012 donc, son taux d’endettement dépassera 90 % pour atteindre certainement le seuil des 100 % en 2018. Quant à la charge de la dette, elle devrait atteindre 75 à 80 Mds€ d’ici trois ans et constituer de loin le premier poste budgétaire de l’économie… Il faudrait réaliser 70 Mds€ d’économies sur les dépenses publiques et sociales pour retrouver une situation à peu près normale indique la Cour des comptes. La RGPP (révision générale des politiques publiques) n’en apporterait que 6 ou 7.
Que faire face à un tel défi ? Hausser les épaules comme on le fait souvent, en se rassurant parce que les autres pays connaissent des problèmes similaires – même si l’endettement chez nos partenaires est plutôt lié à la crise – ? Ou plutôt entrer dans une logique de vertu et d’équité dans la dépense publique et sociale ?
Pas sûr que la classe politique française ait pris conscience de la gravité de la situation.


Editorial