dans LIBRES PROPOS & ÉDITOS

Le 7 mai prochain pourrait ne pas ressembler au 5 mai 2002.

Il y a 15 ans, nous assurions à Jacques Chirac une victoire éclatante à l’élection présidentielle avec 82% des suffrages. Cette fois, il en sera autrement. Au point que le résultat demeure incertain. Car un Front national à 35, voire 40% des voix bouleverserait totalement la vie du pays. Et nous ne parlons pas seulement d’un Parlement déstabilisé, voire d’une instabilité générale. Nous pensons aussi à ce qui peut se passer dans la vie économique, sociale, ou même culturelle. Le Front national a déjà obtenu la reconnaissance de sa banalité. Au point que l’actuel chef de l’État l’associe à l’hommage de la nation à ses policiers assassinés par les terroristes, tout en dénonçant quelques instants plus tard le danger que représente le même Front national pour notre démocratie … Alors les choses sont simples : le 7 mai prochain, notre refus de la candidate du Front national sera sans faille. Parce que ce parti n’est pas porteur comme les autres de ce qui constitue et contribue au ciment national et républicain.

On peut être en colère, souhaiter protester contre la politique du gouvernement, voire ne rien attendre du futur exécutif ; l’offre politique du pays est suffisamment riche pour que l’on ne s’adonne pas à une fuite en avant aux antipodes des valeurs de notre République. Une attitude de beaucoup de nos compatriotes qui pose question. De nombreux pays souffrent davantage de la crise sans pour autant embrasser un vote extrême, du moins pas dans ces ordres de grandeurs là, ni non plus avec le même « fond de commerce ».

Ne tournons pas autour du pot ! Rien ne justifie un vote blanc, un oubli, une abstention le 7 mai lorsqu’on se targue d’appartenir au camp de la démocratie et de l’humanisme. À ce niveau de principe et d’enjeu, ce serait une faute.

On peut juger Emmanuel Macron et son projet trop timide, trop européen, trop ceci ou pas assez cela. Et alors ? Qu’avons nous fait ensemble en 2002 pour barrer la route à l’extrême droite, si ce n’est rejeter la part d’ombre de notre histoire nationale, celle qu’ont combattue nos aïeux ? La moindre des marques de respect est de nous souvenir de leurs combats et de leurs sacrifices.

Le 7 mai prochain, nous ferons aussi un vote d’honneur parce qu’il est des moments de notre vie où il faut aussi savoir dépasser ces contingences et porter un peu plus les idéaux de son pays. ■

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